La P’tite Fumée à La Cigale : RESET, nouvelle formule et joyeux bordel organisé !
La P’tite Fumée avait donné rendez-vous à son public dans la mythique salle de La Cigale pour célébrer la sortie de RESET, son cinquième album. Une nouvelle formation, une nouvelle voix, mais toujours cette furieuse envie de retourner les salles de concert. Et autant vous dire que la soirée n’a pas franchement ressemblé à une réunion Tupperware.
Un RESET qui n’a rien d’un retour au calme
Il y a des groupes qu’on va voir pour écouter tranquillement de la musique, un verre à la main, en hochant poliment la tête.
Et puis il y a La P’tite Fumée.
Avec eux, on sait généralement comment la soirée commence. Pour la suite, c’est une autre histoire.
Ce vendredi 23 octobre, le groupe investissait La Cigale à Paris pour une date un peu particulière : la release party de RESET, son cinquième album.
Un nouveau disque, une formation renouvelée et une promesse : faire évoluer le projet sans perdre cette énergie complètement dingue qui fait sa réputation depuis plus de dix ans.
Autant dire qu’on était curieux de découvrir ce que cette nouvelle formule allait donner sur scène.
Spoiler : ça déménage sévère.
Une nouvelle voix dans la fumée
C’est LA grande nouveauté de cette nouvelle ère : l’arrivée de Nori, de son vrai prénom Noémie, au sein du groupe.
Jusqu’ici principalement instrumental, le projet La P’tite Fumée prend désormais une direction plus vocale.
Et attention, il ne s’agit pas simplement d’ajouter une chanteuse pour faire joli sur les refrains.
Nori apporte une véritable nouvelle dimension au groupe, avec une voix capable de passer du chant mélodique à des passages rappés beaucoup plus incisifs.
Aux côtés de Chand, figure historique du projet, elle forme désormais un duo vocal qui change sensiblement la dynamique du groupe.
La formation compte également Quentin à la guitare, Amaury à la batterie et Chris à la basse.
Cinq musiciens, deux voix et une sacrée machine à faire danser.
Ce qui frappe avec cette évolution, c’est que La P’tite Fumée ne cherche pas à renier son passé.
Les instruments organiques, les rythmiques électroniques, les influences tribales et cette énergie presque punk sont toujours au rendez-vous.
Simplement, une nouvelle couche vient enrichir le mélange.
Et franchement, cette nouvelle formule a de quoi séduire.
RESET : cinquième album, nouvelle dimension
Avec RESET, La P’tite Fumée ne s’est pas contentée de changer deux ou trois boutons sur ses machines.
Le groupe propose quatorze titres qui explorent un territoire musical particulièrement large.
On retrouve évidemment les ingrédients qui ont fait sa réputation : trance, psytrance, électro organique, grosses basses et instruments atypiques.
Mais cette fois, le groupe pousse encore plus loin les mélanges.
Du rock, du rap, des influences orientales, des sonorités électroniques plus modernes et même quelques passages plus mélodiques viennent enrichir la recette.
Des morceaux comme Blast Off, The Spell ou CrazyLoco illustrent parfaitement cette volonté de faire exploser les frontières musicales.
On retrouve également Loin d’ici, un titre enregistré avec Guiz de Tryo, qui marque une autre nouveauté : une chanson entièrement interprétée en français.
Bref, La P’tite Fumée a décidé d’ouvrir les fenêtres.
Mais rassurez-vous, la maison est toujours en feu.
La Cigale transformée en immense terrain de jeu
Parce que La P’tite Fumée, c’est avant tout une histoire de live.
Et c’est précisément là que le groupe prend toute sa dimension.
Sur scène, les machines et les instruments se répondent, les rythmiques s’emballent et les morceaux deviennent de véritables invitations au lâcher-prise.
Il y a quelque chose d’assez fascinant dans cette capacité à mélanger l’énergie d’un concert rock avec l’ambiance d’une rave party.
On passe d’un groove hypnotique à une déferlante de basses, d’un passage instrumental presque tribal à une explosion électronique.
Et dans la fosse, forcément, ça commence à sérieusement s’agiter.
La Cigale n’a pas tardé à se transformer en joyeux bordel organisé.
Wall of Death, Circle Pit dans la fosse
Et puis, évidemment, il fallait bien que ça parte en cacahuète.Parce qu’un concert de La P’tite Fumée sans une fosse complètement déchaînée, ça n’a aucun sens.
Entre les mouvements de foule, les pogos et les moments où le public se transforme en véritable machine à laver humaine, la soirée a pris des allures de festival punk sous stéroïdes électroniques.
Wall of Death et Circle Pit étaient de la partie.
Pour ceux qui ne connaissent pas le vocabulaire, le Wall of Death consiste à séparer la foule en deux camps avant que tout ce petit monde ne se retrouve au milieu dans une collision collective.
Le Circle Pit, lui, ressemble davantage à un gigantesque rond-point humain où tout le monde se met à courir en cercle.
Dit comme ça, ça peut sembler complètement absurde.
Bon, en réalité, ça l’est un peu.
Mais c’est aussi ce qui rend ces moments aussi incroyables à vivre.
Des gens qui sautent, qui courent, qui se bousculent, qui se relèvent et qui repartent de plus belle.
Une énergie collective difficile à expliquer à quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds dans ce genre de concert.
Et surtout, cette impression que pendant quelques instants, plus rien d’autre ne compte que la musique et le plaisir d’être là.
C’est aussi ça, l’esprit La P’tite Fumée.
Une nouvelle formation, mais toujours le même ADN
Après plus de 500 concerts et douze années passées à écumer les scènes, La P’tite Fumée aurait très bien pu continuer à appliquer une recette qui fonctionne.
Mais avec RESET, le groupe a préféré prendre des risques.
L’arrivée de Nori marque une véritable évolution artistique.
Le chant prend davantage de place, les compositions s’ouvrent à de nouvelles influences et les morceaux gagnent une autre dimension.
Pour autant, l’essentiel reste intact.
Cette façon de faire dialoguer les instruments acoustiques avec les machines électroniques.
Cette énergie brute qui donne envie de sauter partout.
Et surtout cette capacité à transformer une salle de concert en immense fête collective.
La P’tite Fumée évolue, mais ne perd pas son identité.
Et c’est probablement la meilleure nouvelle de cette nouvelle ère.
La P’tite Fumée : nouvelle ère, même folie
Au final, cette release party à La Cigale avait tout d’une belle déclaration d’intention.
Un cinquième album qui ouvre de nouvelles perspectives, une formation qui gagne en richesse avec l’arrivée de Nori et une énergie scénique toujours aussi redoutable.
RESET porte finalement assez bien son nom.
On remet les compteurs à zéro, on explore de nouveaux horizons et on repart pour un tour.
Mais chez La P’tite Fumée, il y a visiblement une chose qu’on ne réinitialise jamais : le niveau de folie dans la fosse.
Et franchement, tant mieux.
Parce que si cette soirée nous a rappelé quelque chose, c’est qu’on ne va pas voir La P’tite Fumée pour rester sagement les bras croisés.
On y va pour danser, transpirer, se faire secouer et ressortir avec le sourire jusqu’aux oreilles.
La P’tite Fumée a changé de formule. Pas de carburant.
