Avec « Embryon », Sloń signe son premier EP. Un projet intime et organique dans lequel l’artiste explore le rapport au corps, l’amour, le manque et cette quête parfois difficile qui consiste simplement à trouver sa place.
Il y a quelque chose de très personnel dans la musique de Sloń. Une voix capable de douceur comme de puissance, des mélodies pop qui se mêlent à des textures folk et, surtout, une écriture qui donne parfois l’impression de parcourir les pages d’un journal intime.
Son premier EP, « Embryon », rassemble ces différentes facettes dans un même projet, quelque part entre fragilité et envie d’avancer.
Ne plus se fuir
Dans « À l’étroit dans ma peau », Sloń aborde frontalement son rapport difficile au corps et cette nécessité de parvenir, enfin, à prendre sa place.
Une recherche de soi qui traverse également « Je ne veux plus me fuir », dont le titre résonne déjà comme une promesse : arrêter de s’échapper pour laisser une place à un amour véritable, loin de celui que l’on idéalise ou que l’on s’invente.
Les morceaux se répondent ainsi autour des mêmes questionnements, sans pour autant raconter exactement la même histoire.
Entre manque, souvenirs et envie d’ailleurs
Sloń partage également « Déjà tout » avec Al.Hy, dans un featuring empreint de poésie qui vient rappeler que la sensation de manque ne correspond pas toujours à ce qui nous manque réellement.
Avec « Il pourrait pleuvoir », l’absence et le vide laissent progressivement apparaître autre chose : l’espoir de se retrouver.
Jusqu’à « Mourir au soleil », où l’idée d’une vie suffisamment pleine pour ne plus avoir besoin de courir après autre chose prend une dimension presque contemplative.
Un premier EP entre rêve et réalité
Musicalement, « Embryon » évolue entre pop et folk, dans un univers qui pourra évoquer par instants Bon Iver, Alice Phoebe Lou ou Camille, sans que Sloń cherche pour autant à s’effacer derrière ses influences.
Ce premier EP permet surtout de découvrir une artiste sensible, romantique et lumineuse, qui utilise l’intime pour parler de sentiments beaucoup plus universels.
Car derrière le corps, l’amour ou l’absence, « Embryon » raconte avant tout cette période étrange où l’on cherche encore à savoir qui l’on est et ce que l’on veut devenir.
Un titre qui résume finalement assez bien ce premier EP : quelque chose est déjà là, vivant, mais ne demande encore qu’à grandir.

















